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Tullia d'aragon, pensée d'une courtisane de la renaissance

  • Photo du rédacteur: Kleinod_designs
    Kleinod_designs
  • 13 juil. 2021
  • 4 min de lecture

Courtisane et lettrée, Tullia d'Aragona est l'une des figures les plus attachantes de la Renaissance italienne.

Arrière-petite-fille du roi Ferdinand de Naples, fille du cardinal Luigi d’Aragona et de Ferrarese Giulia qui était considérée comme « la plus célèbre beauté de son époque » Tullia d’Aragon est l’une des femmes les plus extraordinaires du seizième siècle. Courtisane aux multiples talents, adulée par les plus grands de ce monde, femme d’esprit, musicienne, cantatrice, elle a laissé le souvenir de l’une des plus grandes poétesses italiennes de la Renaissance.

Une enfance choyée

Fille du cardinal Luigi d’Aragon, Giulia lui donnera une fille, en 1508, Tullia d’Aragon, à qui son père va donner la meilleure éducation.

Le cardinal l’aimait jusqu’à l’idolâtrie l’entoura de toutes les recherches et de tout le luxe d’une vie splendide, elle reçut dans toutes les branches, l’éducation la plus soignée. Pourtant, dans les soins donnés à son instruction, on n’avait ni prétendu en faire une célébrité littéraire ni prévu qu’elle le deviendrait.


Elevée à Rome, jusqu’au décès du cardinal, en 1519, puis à Sienne, Le cardinal laissa à Giulia une part de sa fortune pour donner à sa fille la meilleure éducation.




La vie d'une courtisane à la renaissance

Fille de la courtisane connue sous « la plus belle femme de son époque » Le métier de courtisane a dû lui apparaître comme la solution pour valoriser une formation pointue. La proximité de sa mère présentait bien des avantages avec la possibilité de bénéficier de son « fonds de commerce » et de ses conseils.


En effet, le métier de courtisane, à la Renaissance revêt un caractère très spécial que l’on ne retrouvera plus jamais, dans l’histoire du monde.

« Le rôle des courtisanes n’a été ni médiocre, ni banal dans l’Italie de la Renaissance. Il se forma en effet une catégorie de femmes galantes bien supérieure à celles des époques précédentes et suivantes, telles qu’on en n’avait point vu depuis la Grèce antique. Ce fut là, sans doute, une des conséquences les plus imprévues de ce grand mouvement littéraire et artistique qui marqua la fin du moyen âge.
Aux hommes raffinés de ce temps, érudits et philosophes, il fallait des femmes dignes de les comprendre ou qui en eussent l’air. Car les « intellectuels » aiment davantage avec leur esprit qu’avec leur cœur et ils cherchent dans l’amour, surtout dans l’amour nomade, plutôt une exaltation de leurs facultés intellectuelles que la satisfaction de leurs sens. L’amour est pour eux affaire de vanité littéraire, l’occasion de faire montre de leur éloquence et de leur intelligence. » Emmanuel Rodocanacchi

Une vie en mouvement

En juin 1526, elle est à Rome où réside sa mère, la belle Giulia.


Elle repart ensuite pour Bologne, où on la retrouve lors du couronnement de l’empereur Charles Quint, en 1530. En 1531, elle est rentrée à Rome, en compagnie du richissime banquier Philippe Strozzi, dont elle est désormais la maîtresse en titre.


L’instabilité politique à Rome, en 1545, contraint Tullia à fuir à Sienne puis à Florence, à la cour du duc de Toscane, Cosme de Médicis. En août 1546, elle vit dans les faubourgs de Florence, dans une villa où elle reçoit de nombreux visiteurs et poètes.

Là elle rédigea les « Dialogues sur l’infini de l’amour » (1547), qui est une étude néoplatonicienne avec l'affirmation des femmes, l'autonomie sexuelle et affective dans les échanges de l'amour romantique.

Assumant ses quarante ans et sans prétendre à la beauté, Elle entreprit avec succès une campagne pour assurer son mode de vie d'alors.

Tullia transforma sa maison en une école philosophique de cognoscenti et continua à prospérer comme « écrivain sérieux ». Après cela, elle retourna à Rome où elle mourut en 1556.


Son œuvre va lui survivre et l’imposer comme l’une des grandes poétesses de l’Italie de la première moitié du seizième siècle.

Une femme avant gardiste

À une époque où la pensée intellectuelle était confinée à l'homme et que la beauté du monde était considérée comme correspondant à la bonté intérieure, Tullia a été décriée comme une femme qui a profané les idéaux esthétiques, les limites de son sexe et de sa profession.

Dans une attitude typiquement féministe et avant-gardiste, elle a écrit à partir de la prémisse que les hommes et les femmes sont fondamentalement égaux. À une époque où l'Église catholique était la seule institution légitime religieuse en Italie, elle a prôné la liberté de pensée et la liberté de parole en écrivant : « Oui, mais je vais vous dire quelque chose de très vrai, lorsque l'on parle de notre monde mortel, ce n'est vraiment pas acceptable d'introduire des éléments de la divinité, parce que ce dernier est si parfait que nous ne serons jamais capables de comprendre, et chaque individu est habilité à prononcer sa propre opinion à ce sujet. ».

Elle a été dénoncée aux autorités trois fois. Deux fois elle a réussi à s'en sortir grâce à ses relations avec les puissants et ses amis bien placés. La troisième fois, elle a dû faire appel à une duchesse de Florence, afin d'être sauvée de la honte.

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